dimanche 16 juin 2019

Angoisse

Une nuit incertaine, en proie à la tempête
Ballotée par la fièvre, déchirée par la toux
Je naviguais perdue, me battant à genoux
Contre certains fantômes agrippés à ma tête

Mon pouls battait si fort, que tu le dus entendre
Cependant au matin, la tempête cessa
Le cœur repris son calme et se tranquillisa
Me laissant épuisée, grise comme une cendre

La vie s’écoule en vain et je réalisais
Les années cumulées, les souvenirs acquis
L’expérience partagée et les amis partis
Le temps était venu et je visualisais

Qu’un  jour de battre mon cœur s’arrêtera
Ma famille, mes amis se seront regroupés
Quelques larmes et souvenirs égrainés
Puis chacun à sa vie s’en retournera

Et dans le groupe uni par un certain chagrin         
Un homme là se tient, quelque peu en retrait   
Dans ses yeux flotte encore le bien aimé portrait
Qu’il ne peut partager avec aucun voisin

La paupière est humide, la poitrine serrée
La rose pourpre tremble dans sa main nue glacée
Témoin silencieux de notre vie cachée
Compagne désormais de mes os rassemblés

Mais seras-tu là ?


vendredi 8 février 2019

Accueil


Ce blog raconte des histoires dont certaines sont issues de ma seule imagination, alors que d’autres reprennent des récits, des informations diverses et des thèmes folkloriques souvent oubliés ou méconnus.

Je tâcherais d’alimenter ces pages au gré de ma fantaisie et de temps disponible pour vous permettre de vous évader le temps d’une courte lecture.

Vos commentaires me seront toujours précieux !

jeudi 7 février 2019

Nuit glaciale



Les premières douleurs l’avaient prise alors que la famille quittait précipitamment la modeste maison, un maigre baluchon accroché à la main. Son mari la tirait violemment mais elle ne pouvait s’empêcher de tourner la tête et regarder avec quelques larmes au bord des cils, la fumée claire qui s’élevait encore au-dessus du toit.

On entendait au loin le bruit du train qui courait sur les rails et il fallait se hâter pour ne pas perdre l’occasion de grimper dans l’un des wagons qui les emporterait loin de ces lieux maudits où les razzias meurtrières se faisaient de plus en plus fréquemment.

Encore récemment, des hordes de bandits montés sur de petits chevaux rapides s’étaient introduits dans les masures et sans ménagement avaient volé et pillé le peu de biens qui s’y trouvaient, que ce soit quelques bûches de bois ou de maigres ressources alimentaires. Certains paysans avaient été massacrés pour préserver une miche de pain.

La douleur à intervalles réguliers lui barrait le ventre mais il fallait courir et atteindre cette maudite gare. Essoufflés et courbés de fatigue, ils avaient réussi à se hisser dans le wagon où maints voyageurs se serraient les uns contre les autres pour échapper au froid qui envahissait l’espace.
Sur les planches du sol était posé un grand réchaud qui permettait de maintenir quelques degrés au-dessus de zéro. De l’eau y chauffait et cuisait les pommes de terre qui constitueraient le seul et unique aliment de la traversée du continent.

Ses parents, son mari et elle trouvèrent à s’asseoir dans un coin du wagon.  L’odeur ambiante était insoutenable car certaines familles voyageaient déjà depuis un certain temps et les relents de sueurs et d’intimité empuantissaient l’atmosphère. Il faudrait s’y habituer et elle savait bien que sans aucune possibilité de la moindre hygiène, ses propres odeurs viendraient s’ajouter à celles des autres voyageurs.

Le train roulait lentement dans la campagne glacée et elle sentait les douleurs se rapprocher et s’intensifier.  Ce n’était certes pas dans ces conditions qu’elle avait envisagé la venue au monde de leur premier enfant tant désiré. Conçu au dernier printemps dans les fleurs sauvages de leur premier amour, elle imaginait cet enfant choyé et entouré de parents et grands parents attentifs.
La nuit était tombée et recroquevillée contre son mari, elle s’épouvantait des heures qui allaient suivre et tentait de mesurer ses gémissements pour éviter au mieux les regards peu bienveillants des groupes somnolents.

Soudain elle sentie que le moment était venu, s’allongea au mieux et remonta sa lourde jupe, espérant que sa mère saurait l’aider à tirer le bébé. Du fond du wagon, une femme arriva vers elle et sans mot dire fit le nécessaire pour mettre cet enfant au monde.

Elle le tira avec précautions, coupa le cordon et l’enfant pendu par les pieds lança au monde ses premiers cris de colère d’être ainsi traité dans le froid et la puanteur d’un wagon à bestiaux.
Le modeste bagage contenait le linge pour le nettoyer et l’envelopper et couché contre son sein, il s’endormit rapidement dans la chaleur de la poitrine maternelle.

Quelques personnes se décidèrent à grouper des bottes de paille autour d’elle afin de la protéger des courants d’air alors qu’un des hommes ouvrait la porte pour assainir l’air et cassait à coups de pelle la glace qui s’était créée, formant ainsi une nouvelle barrière entre leur espace et le vide extérieur.

Et sodain s’éleva la voix rauque d’une vieille femme qui doucement, lentement, avec le plus de douceur possible, laissa échapper de ses lèvres gercées une douce mélopée venue du fond des âges pour accueillir cette jeune vie naissante dans  le froid glacial de cette nuit d’hiver.

samedi 16 juin 2018

Heureux !


N'est-elle pas belle la vie? 




Cher petit oreiller



Des histoires pour faire rêver, sortir de la réalité, s’évader quelque peu, alors sortons déjà la tête de notre doux oreiller par ce joli poème des années 1830.






Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc ! et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d'enfants pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil. Ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir.

Et quand j'ai prié Dieu pour tous ces petits anges
Qui n'ont pas d'oreiller, moi j'embrasse le mien.
Seule, dans mon doux nid qu'à tes pieds tu m'arranges,
Je te bénis, ma mère, et je touche le tien !

Je ne m'éveillerai qu'à la lueur première
De l'aube ; au rideau bleu c'est si gai de la voir !
Je vais dire tout bas ma plus tendre prière :
Donne encore un baiser, douce maman !
Bonsoir 






Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc ! et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d'enfants pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil. Ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir.

Et quand j'ai prié Dieu pour tous ces petits anges
Qui n'ont pas d'oreiller, moi j'embrasse le mien.
Seule, dans mon doux nid qu'à tes pieds tu m'arranges,
Je te bénis, ma mère, et je touche le tien !

Je ne m'éveillerai qu'à la lueur première
De l'aube ; au rideau bleu c'est si gai de la voir !
Je vais dire tout bas ma plus tendre prière :
Donne encore un baiser, douce maman ! Bonsoir
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