samedi 16 juin 2018

Les péchés capitaux


Je me suis amusée à faire une petite étude sur les péchés et les propos n’engagent que moi. Il n’était  pas question de dramatiser quoi que ce soit, mais plutôt d’en faire une lecture ludique, dénuée de tout jugement.
Les péchés capitaux répertoriés sont au nombre de sept. 
Paresse – avarice - colère - envie  -  gourmandise - luxure – orgueil
Le terme de « capital » n’a rien à voir avec la gravité, sinon le meurtre ou le blasphème feraient partie de la liste, mais vient du latin caput (tête) qui est censée diriger les actions. 
On peut les séparer en deux catégories, les  possessives et les frustrées.  
On trouve  dans la catégorie des possessions la gourmandise, l’avarice, la luxure et dans la frustration la colère, l’envie, la paresse. J’ajouterai la jalousie qui n’est cependant pas dans la liste.
L’orgueil est une dynamique particulière et n’entre dans aucune catégorie.  L’orgueilleux est si plein de lui-même, si égoïste et ennemi du plaisir car, persuadé de sa propre maîtrise, il est certain de les avoir toutes maîtrisées.

La gourmandise
De tous temps, on nous a répété que la gourmandise est un vilain défaut. Son excès est un vice alors que la gourmandise est un des plaisirs de la vie. Quoi de plus agréable qu’un bon gâteau à la crème acheté en passant devant une pâtisserie dont la vitrine nous a attiré.
La nourriture tient une place importante dans notre vie, car depuis notre naissance elle nous permet de nous développer physiquement, prendre des forces, les réparer et nous maintenir en bonne santé.  Le plaisir de manger a pour but notre équilibre physique, et sollicité trois fois par jour dans une habitude normale, il peut chez certain devenir obsédant.
La gourmandise se définit comme un désir désordonné de boire et de manger et cette dépendance affecte bien des personnes. Elle peut être provoquée par le stress et les émotions telles que colère, anxiété ou tristesse. Elle devient alors compensatoire. Le même phénomène s’applique à la boisson.
Il n’est pas nécessaire de manger de grandes quantités pour s’adonner à la gourmandise car certaines personnes vont passer beaucoup de temps à la préparation de plats pour leur propre satisfaction, alors que d’autres continueront de se nourrir par nécessité, tout comme on met de l’essence dans la voiture pour que l’on puisse l’utiliser.

La luxure
J’adore ce mot, car il me renvoie à mes années d’enfance en pension religieuse. Nous devions nous confesser chaque semaine et avant de passer à la chapelle, nous avions une demi-heure de méditation pour écrire les péchés dont nous devions nous accuser. En temps de guerre, dans des salles froides et une nourriture approximative, il était difficile de trouver des péchés à avouer et surtout pas la gourmandise. Aussi, sans que la sœur ne nous entende, on se prêtait des péchés entre nous et la luxure était l’un de nos favoris, car le mot contenait à nos oreilles enfantines le mot « luxe » qui nous faisait rêver.
Le sacristain, brave homme qui le plus souvent demandait des nouvelles des petits frères et sœurs, devait souvent sourire en entendant toutes ces gamines qui n’avaient pas encore 10 ans, s’accuser de ce péché. 
Cette passion a dû être catégorisée dans les péchés probablement par Saint Paul ou tout autre homme frustré de ne pouvoir s’y adonner.
La chair, dans les esprits religieux,  a toujours senti le soufre alors qu'elle était clairement vue comme positive durant l'antiquité. Selon Dante, elle fait partie du second cercle de l’Enfer.
La religion inclue les pratiques suivantes dans la luxure: fornication, stupre, rapt, adultère, inceste, sacrilège, bestialité, sodomie, onanisme, impureté.
Au 18ème siècle apparait le libertinage, faisant référence à des pratiques sexuelles sans morale. De nos jours, bien que certaines aventures sexuelles avant le mariage soient entrées dans les mœurs, d'autres pratiques telles que l'échangisme ou le voyeurisme peuvent encore paraître immorales et malsaines.
A chacun sa perception de l’amour charnel tant qu’il ne porte pas préjudice par atteinte physique non voulue.
Chacun sa réflexion :
Dante compris qu'un tel tourment était le sort des pécheurs charnels, qui soumettent la raison aux appétits, alors que Shakespeare y voit que L'amour est le soleil après la pluie, et la luxure, l'orage après le soleil.
Les péchés de frustration n’offrent aucune satisfaction.

La paresse
La paresse consiste à ne pas avoir envie de faire ce qu'il serait en principe nécessaire de faire, pour soi ou pour les autres, afin de mieux vivre. Elle ne doit pas être confondue avec le repos réparateur ou le repos propice à la réflexion et à l'introspection.
Au XVIIIe siècle, Jean Jacques Rousseau tient la paresse pour naturelle chez l'homme à « l'état sauvage » alors qu’au XIXe siècle, la paresse devient un sujet politique pour condamner la société industrielle qui aliène le travailleur. 
En tant que pathologie, elle peut se rapprocher de l'envie de ne rien faire puis du manque d'envie de faire quelque chose lié à un manque de mobiles, une absence ou une perte de « raisons de vivre ».
La paresse, en ce sens, n'est pas sans relation avec la procrastination (tendance à remettre systématiquement les actions au lendemain). Ce n'est pas la fatigue qui empêche le paresseux d'agir mais plutôt le transfert des actes dans l'imaginaire qui finit par convertir la volonté elle-même en vague projet. Le paresseux finit par être épuisé par ce combat intérieur.
L'isolement social peut en être la cause. Le « paresseux chronique » n'est pas totalement inactif et va privilégier des activités non productives qui l'aident à se déconnecter du réel. 

L’avarice
Elle est odieuse et ne donne aucune satisfaction à qui que ce soit. L'avare est capable de se priver de tout pour ne manquer de rien. Il ressort que cet attachement excessif à l’argent, la volonté d’acquérir toujours plus de biens et l’incapacité de le dépenser en fait un inquiet et un frustré capable de vivre de façon sordide.
En quelque sorte, il s’obstine à vivre pauvre pour mourir riche et faire plaisir à ses héritiers.
On utilisait parfois le mot radin ou pingre pour désigner un avare, mais désormais les radins font partie d’une communauté de nouveaux consommateurs qui utilisent notamment Internet pour faire des économies et frustrent les petits commerçants qui perdent leurs clients.
Esope nous conte l’histoire de l’avare et de l’envieux :
Jupiter voulant connaître à fond les sentiments des hommes, envoya Apollon sur terre pour tester leurs inclinations. Tout d’abord, il rencontra d’abord un avare et un envieux.
Il leur dit de la part de Jupiter qu’il avait ordre de leur accorder tout ce qu’ils demanderaient, à condition que le second obtienne le double de ce que le premier aurait demandé.
Cette circonstance fit que l’avare ne put jamais se résoudre à rien demander dans l’appréhension qui fût la sienne que l’autre ne fût mieux partagé que lui. Mais l’envieux demanda qu’on lui arracha un œil afin qu’on arrachât les deux yeux de l’avare selon les conventions d’Apollon.
No comment !!
 

La colère
Quelques heures après sa naissance, le nourrisson affamé expérimente déjà la colère. Seul moyen à sa disposition pour exprimer sa frustration.
 
La colère peut être envisagée sous le profil de la morale et de la psychologie. A la base, elle est une passion qui peut, lorsqu’elle est aveugle, devenir fureur et générer de la peur.
Elle trouve généralement sa source dans ce qui nous touche personnellement et procure un désir de vengeance qui, non satisfait, mènera à la tristesse et y trouver de nouveaux griefs.
Le sentiment de colère est généralement déclenché par la perception d'une situation vécue comme injuste, dévalorisante, menaçante. Le visage devient rouge et la montée d’adrénaline permet la libération de l’énergie qui facilite une mise en action rapide.
Nous retrouvons cette vigueur à agir dans les propos d’Achille contre Agamemnon :
« Chante, déesse, la colère d'Achille, fils de Pélée; détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes fières de héros, tandis que de ces héros mêmes elle faisait la proie des chiens et de tous les oiseaux du ciel  pour l'achèvement du dessein de Zeus » 
 

L’envie
 
L’envie est un sentiment très profond que divers psychologues ont tenté d’expliquer. C’est un sentiment de désir mêlé d’irritation et de haine qui anime quelqu’un contre la personne qui possède un bien qu’il n’a pas. 
Plus primitive que la jalousie, elle naît dans une relation d'objet partiel et n'est pas liée à une situation triangulaire, car elle est purement destructrice et dirigée vers l'objet d'amour et d'admiration.
C’est le sentiment de colère qu'éprouve un sujet quand il craint qu'un autre ne possède quelque chose de désirable et n'en jouisse.
Dans une ville assez considérable, deux hommes demeuraient porte à porte. L’un conçut contre l’autre une envie si violente, que celui qui en était l’objet, résolut de changer de demeure et de s’éloigner, persuadé que le voisinage seul lui avait attiré l’animosité de son voisin ; car quoiqu’il lui eût rendu de bons offices, il s’était aperçu qu’il n’en était pas moins haï. C’est pourquoi il vendit sa maison avec le peu de bien qu’il avait et se retirant dans la capitale du pays, qui n’était pas éloignée, il acheta une petite terre environ à une demi-lieue de la ville. Il y avait une maison assez commode, un beau jardin et une cour raisonnablement grande, dans laquelle était une citerne profonde, dont on ne se servait plus.
Le Bonhomme ayant fait cette acquisition, prit l’habit de derviche pour mener une vie plus retirée et
fit faire plusieurs cellules dans la maison, où il établit en peu de temps une communauté nombreuse de derviches. Sa vertu le fit bientôt connaître et ne manqua pas de lui attirer une infinité de monde, tant du peuple que des principaux de la ville. Enfin, chacun l’honorait et le chérissait extrêmement. On venait aussi de bien loin, se recommander à ses prières et tous ceux qui se retiraient d’auprès de lui, publiaient les bénédictions qu’ils croyaient avoir reçues du ciel par son moyen.
La grande réputation du personnage s’étant répandue dans la ville d’où il était sorti, l’Envieux en eut un chagrin si vif, qu’il abandonna sa maison et ses affaires, dans la résolution de l’aller perdre. Pour cet effet, il se rendit au nouveau couvent de derviches, dont le chef, ci-devant son voisin, le reçut avec toutes les marques d’amitié imaginables. L’Envieux lui dit qu’il était venu exprès pour lui communiquer une affaire importante, dont il ne pouvait l’entretenir qu’en particulier. « Afin, ajouta-t-il, que personne ne nous entende, promenons-nous, je vous prie, dans votre cour et puisque la nuit approche, commandez à vos derviches de se retirer dans leurs cellules. » Le chef des derviches fit ce qu’il souhaitait.
Lorsque l’Envieux se vit seul avec le Bonhomme, il commença à lui raconter ce qui lui plut, en marchant l’un à côté de l’autre dans la cour, jusqu’à ce que se trouvant sur le bord de la citerne, il le poussa et le jeta dedans, sans que personne fût témoin d’une si méchante action. Cela étant fait, il s’éloigna promptement, gagna la porte du couvent, d’où il sortit sans être vu, et retourna chez lui fort content de son voyage, et persuadé que l’objet de son envie n’était plus au monde. Mais il se trompait fort…
La suite à lire dans le recueil des mille et une nuits…


La jalousie

La jalousie est une émotion secondaire qui représente des pensées et sentiments d'insécurité, de peur et d'anxiété concernant la perte anticipée ou pas d'un statut, d'un objet ou d'un lien affectif ayant une importante valeur personnelle. La jalousie ne doit pas être confondue avec l’envie et est familièrement liée aux relations humaines.
La jalousie amoureuse est une émotion empreinte d’agressivité qui est la conséquence de la peur de perdre l'être aimé ou l'exclusivité de son amour, au profit d'une autre personne,  sentiment qui peut être fondé sur l’imagination et non sur des faits. Lorsqu'elle est permanente ou excessive, la jalousie est une forme de paranoïa et est attachée à une relation « amoureuse » sur un mode possessif voire exclusif.
Shakespeare fait décrire à Iago la jalousie comme un « monstre qui se moque de la victime dont il se nourrit « 
La jalousie est donc une problématique d’attachement propre au jaloux qui a un besoin d'être rassuré, alors même, qu'à tort ou à raison, le sentiment peut être fondé sur l'imagination. Le jaloux reproduit généralement les mêmes schémas vis-à-vis de tous ses partenaires.
L'individu jaloux peut alors être effacé dans le couple : il cherche à posséder son partenaire à tout prix et, pour éviter de le perdre, se met rarement en opposition en acceptant des compromis. Mais ce comportement peut alors renforcer davantage son sentiment d'insécurité notamment lorsque le partenaire conserve une liberté à l'extérieur du couple, le jaloux ne devenant plus l'unique bénéficiaire d'un partenaire.
Des études démontrent également que la jalousie peut accroître la passion envers deux partenaires ainsi que le plaisir sexuel. En fonction de la situation et de l'individu, la jalousie peut être plus ou moins intense.

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