Je me suis amusée à faire une petite étude sur les
péchés et les propos n’engagent que moi. Il n’était pas question de dramatiser
quoi que ce soit, mais plutôt d’en faire une lecture ludique, dénuée de tout
jugement.
Les péchés capitaux répertoriés sont au nombre de
sept.
Le terme de « capital » n’a rien à
voir avec la gravité, sinon le meurtre ou le blasphème feraient partie de la
liste, mais vient du latin caput
(tête) qui est censée diriger les actions.
On peut les séparer en deux catégories, les possessives et les frustrées.
On trouve
dans la catégorie des possessions la gourmandise, l’avarice, la luxure
et dans la frustration la colère, l’envie, la paresse. J’ajouterai la jalousie
qui n’est cependant pas dans la liste.
L’orgueil est une dynamique particulière et
n’entre dans aucune catégorie.
L’orgueilleux est si plein de lui-même, si égoïste et ennemi du plaisir
car, persuadé de sa propre maîtrise, il est certain de les avoir toutes
maîtrisées.
La gourmandise
De tous temps, on nous a répété que la
gourmandise est un vilain défaut. Son excès est un vice alors que la
gourmandise est un des plaisirs de la vie. Quoi de plus agréable qu’un bon
gâteau à la crème acheté en passant devant une pâtisserie dont la vitrine nous
a attiré.
La nourriture tient une place importante dans
notre vie, car depuis notre naissance elle nous permet de nous développer
physiquement, prendre des forces, les réparer et nous maintenir en bonne santé. Le plaisir de manger a pour but notre
équilibre physique, et sollicité trois fois par jour dans une habitude normale,
il peut chez certain devenir obsédant.
La gourmandise se définit comme un désir désordonné de boire et de manger et
cette dépendance affecte bien des personnes. Elle peut être provoquée par le
stress et les émotions telles que colère, anxiété ou tristesse. Elle devient
alors compensatoire. Le même phénomène s’applique à la boisson.
Il n’est pas
nécessaire de manger de grandes quantités pour s’adonner à la gourmandise car
certaines personnes vont passer beaucoup de temps à la préparation de plats
pour leur propre satisfaction, alors que d’autres continueront de se nourrir
par nécessité, tout comme on met de l’essence dans la voiture pour que l’on
puisse l’utiliser.
La luxure
J’adore ce mot,
car il me renvoie à mes années d’enfance en pension religieuse. Nous devions
nous confesser chaque semaine et avant de passer à la chapelle, nous avions une
demi-heure de méditation pour écrire les péchés dont nous devions nous accuser.
En temps de guerre, dans des salles froides et une nourriture approximative, il
était difficile de trouver des péchés à avouer et surtout pas la gourmandise.
Aussi, sans que la sœur ne nous entende, on se prêtait des péchés entre nous et
la luxure était l’un de nos favoris, car le mot contenait à nos oreilles
enfantines le mot « luxe » qui nous faisait rêver.
Le sacristain,
brave homme qui le plus souvent demandait des nouvelles des petits frères et
sœurs, devait souvent sourire en entendant toutes ces gamines qui n’avaient pas
encore 10 ans, s’accuser de ce péché.
Cette passion a dû
être catégorisée dans les péchés probablement par Saint Paul ou tout autre
homme frustré de ne pouvoir s’y adonner.
La chair, dans les
esprits religieux, a toujours senti le
soufre alors
qu'elle était clairement vue comme positive durant l'antiquité. Selon Dante, elle
fait partie du second cercle de l’Enfer.
La religion inclue
les pratiques suivantes dans la luxure: fornication, stupre, rapt,
adultère, inceste, sacrilège, bestialité, sodomie, onanisme, impureté.
Au 18ème siècle apparait le libertinage,
faisant référence à des pratiques sexuelles sans morale. De nos jours, bien que
certaines aventures sexuelles avant le mariage soient entrées dans les mœurs,
d'autres pratiques telles que l'échangisme ou le voyeurisme peuvent encore paraître
immorales et malsaines.
A chacun sa perception de l’amour charnel tant
qu’il ne porte pas préjudice par atteinte physique non voulue.
Chacun sa
réflexion :
Dante
compris qu'un tel tourment était le sort des pécheurs charnels, qui
soumettent la raison aux appétits, alors que Shakespeare y voit que L'amour
est le soleil après la pluie, et la luxure, l'orage après le soleil.
Les
péchés de frustration n’offrent aucune satisfaction.
La paresse
La paresse consiste à ne pas avoir envie de faire ce qu'il
serait en principe nécessaire de faire, pour soi ou pour les autres, afin de
mieux vivre. Elle ne doit pas être confondue avec le repos réparateur ou le
repos propice à la réflexion et à l'introspection.
Au XVIIIe siècle, Jean Jacques Rousseau tient la paresse pour
naturelle chez l'homme à « l'état sauvage » alors qu’au XIXe siècle, la paresse
devient un sujet politique pour condamner la société industrielle qui aliène le
travailleur.
En tant que pathologie, elle peut se rapprocher de l'envie de ne rien
faire puis du manque d'envie de faire quelque chose lié à un manque de mobiles,
une absence ou une perte de « raisons de vivre ».
La paresse,
en ce sens, n'est pas sans relation avec la procrastination (tendance
à remettre systématiquement les actions au lendemain). Ce n'est
pas la fatigue qui empêche le paresseux d'agir mais plutôt le transfert des
actes dans l'imaginaire qui finit par convertir la volonté elle-même en vague
projet. Le paresseux finit par être épuisé par ce combat intérieur.
L'isolement
social peut en être la cause. Le « paresseux chronique » n'est pas
totalement inactif et va privilégier des activités non productives qui l'aident
à se déconnecter du réel.
L’avarice
Elle est
odieuse et ne donne aucune satisfaction à qui que ce soit. L'avare
est capable de se priver de tout pour ne manquer de rien. Il ressort que cet
attachement excessif à l’argent, la volonté d’acquérir toujours plus de biens
et l’incapacité de le dépenser en fait un inquiet et un frustré capable de
vivre de façon sordide.
En quelque sorte, il
s’obstine à vivre pauvre pour mourir riche et faire plaisir à ses héritiers.
On utilisait parfois le mot
radin ou pingre pour désigner un avare, mais désormais les radins font partie
d’une communauté de nouveaux consommateurs qui utilisent notamment Internet
pour faire des économies et frustrent les petits commerçants qui perdent leurs
clients.
Esope
nous conte l’histoire de l’avare et de l’envieux :
Jupiter voulant connaître à
fond les sentiments des hommes, envoya Apollon sur terre pour tester leurs
inclinations. Tout d’abord, il rencontra d’abord un avare et un envieux.
Il leur dit de la part de
Jupiter qu’il avait ordre de leur accorder tout ce qu’ils demanderaient, à
condition que le second obtienne le double de ce que le premier aurait demandé.
Cette circonstance fit que
l’avare ne put jamais se résoudre à rien demander dans l’appréhension qui fût
la sienne que l’autre ne fût mieux partagé que lui. Mais l’envieux demanda
qu’on lui arracha un œil afin qu’on arrachât les deux yeux de l’avare selon les
conventions d’Apollon.
No
comment !!
La colère
Quelques
heures après sa naissance, le nourrisson affamé expérimente déjà la colère.
Seul moyen à sa disposition pour exprimer sa frustration.
La
colère peut être envisagée sous le profil de la morale et de la psychologie. A
la base, elle est une passion qui peut, lorsqu’elle est aveugle, devenir fureur
et générer de la peur.
Elle
trouve généralement sa source dans ce qui nous touche personnellement et
procure un désir de vengeance qui, non satisfait, mènera à la tristesse et y
trouver de nouveaux griefs.
Le sentiment de colère est
généralement déclenché par la perception d'une situation vécue comme injuste,
dévalorisante, menaçante. Le visage devient rouge et la montée d’adrénaline
permet la libération de l’énergie qui facilite une mise en action rapide.
Nous
retrouvons cette vigueur à agir dans les propos d’Achille contre Agamemnon :
L’envie
L’envie est un sentiment très
profond que divers psychologues ont tenté d’expliquer. C’est un sentiment de
désir mêlé d’irritation et de haine qui anime quelqu’un contre la personne qui
possède un bien qu’il n’a pas.
Plus
primitive que la jalousie, elle naît dans une relation d'objet partiel et
n'est pas liée à une situation triangulaire, car elle est purement destructrice
et dirigée vers l'objet d'amour et d'admiration.
C’est le sentiment
de colère qu'éprouve un sujet quand il craint qu'un autre ne possède quelque
chose de désirable et n'en jouisse.
Dans
une ville assez considérable, deux hommes demeuraient porte à porte. L’un
conçut contre l’autre une envie si violente, que celui qui en était l’objet,
résolut de changer de demeure et de s’éloigner, persuadé que le voisinage seul
lui avait attiré l’animosité de son voisin ; car quoiqu’il lui eût rendu
de bons offices, il s’était aperçu qu’il n’en était pas moins haï. C’est
pourquoi il vendit sa maison avec le peu de bien qu’il avait et se retirant dans
la capitale du pays, qui n’était pas éloignée, il acheta une petite terre
environ à une demi-lieue de la ville. Il y avait une maison assez commode, un
beau jardin et une cour raisonnablement grande, dans laquelle était une citerne
profonde, dont on ne se servait plus.
Le Bonhomme
ayant fait cette acquisition, prit l’habit de derviche pour mener une vie plus
retirée et
fit faire plusieurs cellules dans la maison, où il établit en peu de
temps une communauté nombreuse de derviches. Sa vertu le fit bientôt connaître et ne manqua pas de lui attirer une infinité de monde,
tant du peuple que des principaux de la ville. Enfin, chacun l’honorait et le
chérissait extrêmement. On venait aussi de bien loin, se recommander à ses prières
et tous ceux qui se retiraient d’auprès de lui, publiaient les bénédictions
qu’ils croyaient avoir reçues du ciel par son moyen.
La
grande réputation du personnage s’étant répandue dans la ville d’où il était
sorti, l’Envieux en eut un chagrin si vif, qu’il abandonna sa maison et ses
affaires, dans la résolution de l’aller perdre. Pour cet effet, il se rendit au
nouveau couvent de derviches, dont le chef, ci-devant son voisin, le reçut avec
toutes les marques d’amitié imaginables. L’Envieux lui dit qu’il était venu
exprès pour lui communiquer une affaire importante, dont il ne pouvait
l’entretenir qu’en particulier. « Afin, ajouta-t-il, que personne ne nous
entende, promenons-nous, je vous prie, dans votre cour et puisque la nuit approche, commandez à vos derviches de se retirer dans leurs
cellules. » Le chef des derviches fit ce qu’il souhaitait.
Lorsque
l’Envieux se vit seul avec le Bonhomme, il commença à lui raconter ce qui lui
plut, en marchant l’un à côté de l’autre dans la cour, jusqu’à ce que se
trouvant sur le bord de la citerne, il le poussa et le jeta dedans, sans que
personne fût témoin d’une si méchante action. Cela étant fait, il s’éloigna
promptement, gagna la porte du couvent, d’où il sortit sans être vu, et
retourna chez lui fort content de son voyage, et persuadé que l’objet de son
envie n’était plus au monde. Mais il se trompait fort…
La
suite à lire dans le recueil des mille et une nuits…
La jalousie
La jalousie
est une émotion secondaire qui représente des pensées et sentiments d'insécurité,
de peur et d'anxiété concernant la perte anticipée ou pas d'un statut, d'un
objet ou d'un lien affectif ayant une importante valeur personnelle. La
jalousie ne doit pas être confondue avec l’envie et est familièrement liée aux
relations humaines.
La jalousie amoureuse est une émotion empreinte d’agressivité
qui est la conséquence de la peur de perdre l'être aimé ou l'exclusivité de son
amour, au profit d'une autre personne, sentiment qui peut être fondé sur l’imagination
et non sur des faits. Lorsqu'elle est permanente ou excessive, la
jalousie est une forme de paranoïa et est attachée à une relation « amoureuse » sur un mode
possessif voire exclusif.
Shakespeare fait décrire à Iago la jalousie comme
un « monstre qui se moque de la victime dont il se nourrit «
La jalousie est donc une problématique d’attachement
propre au jaloux qui a un besoin d'être rassuré, alors même, qu'à tort ou à
raison, le sentiment peut être fondé sur l'imagination. Le jaloux reproduit généralement les mêmes schémas
vis-à-vis de tous ses partenaires.
L'individu jaloux peut alors être effacé dans le
couple : il cherche à posséder son partenaire à tout prix et, pour éviter
de le perdre, se met rarement en opposition en acceptant des compromis.
Mais ce comportement peut alors renforcer davantage son sentiment d'insécurité
notamment lorsque le partenaire conserve une liberté à l'extérieur du couple,
le jaloux ne devenant plus l'unique bénéficiaire d'un partenaire.
Des études démontrent également que la jalousie
peut accroître la passion envers deux partenaires ainsi que le plaisir sexuel.
En fonction de la situation et de l'individu, la jalousie peut être plus ou
moins intense.








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