Le regard est vert, mystérieux, sexy, ombré de longs cils
noirs.
Vert, dites-vous mais il y a maintes sortes de couleur
verte, de la pelouse du jardin à celle de la bouteille de Périer. Ce regard
vert serait plus proche de la couleur de la chair de l’huître fine claire de Marennes,
piqué de minuscules points noirs alors que le cercle qui entoure la prunelle
tire sur le jaune et donne à l’ensemble de l’œil une couleur difficilement
définissable. Et lorsqu’une colère froide l’envahit, cette couleur verte pâlît
tant qu’elle en devient transparente.
Dès la petite enfance, ce regard attirait l’attention et
recevait maints compliments d’autant que la chevelure châtain foncé qui tombait
en lourdes boucles et couvrait les épaules donnait un relief supplémentaire à
ce regard candide qui disait-on ne saurait mentir. Lourde erreur dont, petite,
elle tirait profit avec la plus parfaite candeur.
D’un œil vert à l’autre …
Elle avait probablement une lourde chevelure bouclée cachée sous
le voile et qui peut oublier le regard vert, inquiet, tourmenté d’une jeune
fille qui avait 13 ans dans les années afghanes 1984, et devenu si dur avec les
ans. Elle avait certes d’autres préoccupations que de mentir avec candeur.

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