J’admirais silencieuse, debout sur le bateau
La lagune endormie. Des filaments de brume
Accrochés çà et là se mêlaient à l’écume
Et des gouttes d’eau claire glissaient sur mon manteau.
Les coupoles byzantines se coloraient de rose
Sous
le soleil levant qui nous vient du grand large
La
ville lentement s’apprêtait au passage
Du touriste ébloui par tant de belles choses.
Le bronze retenti frappé par les deux Maures
surveillant la grand place du haut de cette Tour
Tous les yeux les admirent dès la pointe du jour
Et l’air vibre et résonne d’un son puissant et fort.
Voies, les pigeons s’envoler dans le ciel bleu azur
Tournoyer virevolter avant de se poser
Qui sur l’épaule de l’un avant de picorer
Et de laisser je crains des traces de marbrure
Il n’est plus de soupirs sous le pont dénommé
Des prisonniers jadis destinés aux bourreaux
Les gondoles de jais guident les tourtereaux
Vers des
rêves bleutés sous le ciel étoilé.
Les amoureux
blottis dans les gondoles noires
S’embrassent
et se cajolent sous le ciel étoilé
Bercés par
le refrain lentement fredonné
Du gondolier
blasé de ces tendres regards
Relais des temps anciens, les effluves épicées
Amenées
par bateau de contrées fort lointaines
Parfument les ruelles de senteurs soudaines
Avivant tous mes sens de leurs étrangetés.
J’aime le long des berges, des fruits frais acheter
M’informer, discuter, connaître les marchands
Être plus qu’un flâneur, partager leurs instants
Moi dont la vie sur terre est de tout temps ancrée.
La misère désormais autorisent des ventes
En cachette sur le sol, loin des autorités
De cadeaux disparates et de marques copiées
Sous le regard absent de prunelles indulgentes.
Venise Ô ma beauté où tant de pas se pressent
Demande
aux eaux salées, le temps d’une marée
D’inonder tes ruelles, tes places et tes pavés
Et chasser les touristes avant qu’elle ne s’abaisse
Voyageur attentif ou passager distrait
Protégez mes espaces et ma fragilité
Sans laisser sur mon sol vos inutilités
N’emportez dans vos cœurs que l’image des palais.
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