samedi 16 juin 2018

Quand la terre se fâche.


L’éruption volcanique du Tambora en avril 1815 est la plus importante des temps modernes. Ses cendres ont obscurci le soleil pendant 2 ans et la température mondiale a chuté d’un degré.

Car c’est bien un déluge qui s’est abattu sur le monde cette année-là. Les 10 et 11 avril 1815, pendant vingt heures, le feu se déchaîne. Le volcan, haut de 4300 mètres, crache plus de 35 km3 de magma dense. Niveau 7 sur une échelle de 8 degrés. Le sommet est pulvérisé, la montagne ramenée à 2850 m.

Les explosions sont entendues jusqu’à Sumatra, à 2000 km de là. Dans le ciel, trois colonnes de flamme s’élèvent, qui bientôt fusionnent puis s’effondrent, sous le poids de la matière. Après la pluie de roches, des nuées ardentes s’abattent sur l’île de Sumbawa, dans l’est de l’archipel indonésien. La ville de Sanggar est ravagée, laissant 15000 personnes sans vie. Des vagues de 10 mètres frappent les villages de pêcheurs. Sur toute l’île et plus loin dans le pays, tsunamis, famines et épidémies font entre 50000 et 70000 victimes, suivant les bilans.

Les Britanniques assurent un intérim entre deux règnes néerlandais sur l’archipel et leur administration est défaillante et les informations sont lacunaires

Conséquences importantes et mondiales car les cendres retombent rapidement et se répandent à travers le continent. Le dioxyde de soufre contenu dans la colonne de 40 km de haut est pris dans les courants stratosphériques et les particules de sulfate deviennent autant de petits écrans solaires. L’impact climatique est considérable et en Europe occidentale, la température moyenne chute de 3 degrés en 1816. C’est l’année sans été.

En Grande-Bretagne, France et Allemagne, des records de froid et de précipitations sont battus entre juin et août. Pluie et neige ruinent les cultures. Les raisins restent verts, les pommes de terre pourrissent, les fruits sont faméliques. Le prix des céréales double entre 1815 et 1817 des deux côtés de l’Atlantique.

La famine fait 100000 victimes en Europe. La natalité chute, tandis que la mortalité augmente de 4% en France, de 6% en Prusse, de 20% en Suisse et en Toscane. Partout, des émeutes de la faim éclatent, violemment réprimées.

 L’Europe avait d’autres soucis car Waterloo occupait les esprits.







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