L’éruption volcanique du Tambora en avril 1815 est la
plus importante des temps modernes. Ses cendres ont obscurci le soleil pendant
2 ans et la température mondiale a chuté d’un degré.
Car c’est bien un déluge qui s’est abattu
sur le monde cette année-là. Les 10 et 11 avril 1815, pendant vingt
heures, le feu se déchaîne. Le volcan, haut de 4300 mètres, crache plus de 35 km3 de magma dense. Niveau 7 sur une échelle
de 8 degrés. Le sommet est pulvérisé, la montagne ramenée à 2850 m.
Les explosions sont entendues jusqu’à
Sumatra, à 2000 km de là. Dans le ciel, trois colonnes de flamme
s’élèvent, qui bientôt fusionnent puis s’effondrent, sous le poids de la
matière. Après la pluie de roches, des nuées ardentes s’abattent sur l’île de
Sumbawa, dans l’est de l’archipel indonésien. La ville de Sanggar est ravagée,
laissant 15 000
personnes sans vie. Des vagues de 10 mètres frappent les villages de pêcheurs.
Sur toute l’île et plus loin dans le pays, tsunamis, famines et épidémies font
entre 50 000
et 70 000
victimes, suivant les bilans.
Les Britanniques assurent un intérim entre
deux règnes néerlandais sur l’archipel et leur administration est défaillante
et les informations sont lacunaires.
Conséquences importantes et
mondiales car les cendres retombent rapidement et se répandent à travers le
continent. Le dioxyde de soufre contenu dans la colonne de 40 km de haut
est pris dans les courants stratosphériques et les particules de sulfate
deviennent autant de petits écrans solaires. L’impact climatique est
considérable et en Europe occidentale, la température moyenne chute de
3 degrés en 1816. C’est l’année sans été.
En Grande-Bretagne, France et Allemagne,
des records de froid et de précipitations sont battus entre juin et août. Pluie
et neige ruinent les cultures. Les raisins restent verts, les pommes de terre
pourrissent, les fruits sont faméliques. Le prix des céréales double entre 1815
et 1817 des deux côtés de l’Atlantique.
La famine fait 100 000 victimes en Europe.
La natalité chute, tandis que la mortalité augmente de 4% en France, de 6% en
Prusse, de 20% en Suisse et en Toscane. Partout, des émeutes de la faim éclatent, violemment
réprimées.
L’Europe avait d’autres soucis
car Waterloo occupait les esprits.


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